KELVIN, BOTTOMLEY & BAIRD
N°7961

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La restauration d’un garde temps ancien est une des épreuves du Diplôme des Métiers d’Arts (DMA) Horlogerie.
Monsieur GASNIER, professeur d’horlogerie à Rennes et horloger à Morlaix, m’a proposé de restaurer son chronomètre de marine.

Cet article présente 2 dossiers :

  • Un dossier d’étude historique, stylistique et technique
    (où je retrace l’histoire de ce chronomètre)

Extrait
« J’ai donc réceptionné et analysé le chronomètre de marine n°7961 de Kelvin, Bottomley & Baird.
Grâce à l’étude de l’histoire des chronomètres de marine et de l’échappement à détente, j’ai pu conclure dans un premier temps qu’il s’agissait d’un chronomètre de marine dit «moderne» avec un échappement à détente abouti.
Ensuite, grâce à mes recherches sur l’entreprise (j’ai découvert qu’elle était liée au fameux physicien Kelvin !), j’ai daté le chronomètre de marine entre 1913 et 1919 (sûr à 100%) et plus précisément à la fin 1914. Cela a confirmé l’histoire que Monsieur Gasnier connaissait. L’histoire de ce chronomètre de marine est donc liée à celle de la Marine anglaise au moment de la première guerre mondiale. A ce moment là, les capitaines et lieutenants utilisaient cet instrument de bord.
Par ailleurs, mes recherches m’ont permis de découvrir que le boitier en acajou s’inscrit dans l’histoire de la malle et du meuble de marine, le cadran dans l’histoire des typographies et du chemin de fer, la serrure dans l’histoire de l’industrialisation. D’un point de vue technique, il s’inscrit dans l’histoire des régulateurs et il a été fabriqué de manière semi-industrielle et semi-artisanale.
Enfin, d’un point de vue pratique, il s’agit d’un ancien instrument de bord, aujourd’hui devenu objet de collection. Je l’ai estimé à 1000€ maximum dans l’état par analyse comparative et j’ai chiffré mon devis d’intervention à 5000€ maximum.
Nous sommes donc en présence d’un objet de valeur bien qu’il ait été produit en série. »

Lien vers le dossier

  • Un dossier de restauration
    (où j’explique le travail accompli)

Extrait
« J’ai donc réceptionné, analysé et restauré le chronomètre de marine n°7961 de Kelvin, Bottomley & Baird. C’était pour moi la première restauration d’une telle importance et ce fut un excellent exercice car très complet. Un chronomètre de marine est en effet à la fois une pendule et une montre, ce qui rend l’objet très intéressant à travailler.
Cela m’a permis de réaliser de manière concrète une situation d’entreprise tout à fait plausible. Depuis la réception avec l’analyse historique, la recherche des pannes et l’établissement du devis ; jusqu’à la remise en état et au réglage, le chronomètre de marine n°7961 de Kelvin, Bottomley & Baird m’a vraiment fait porter beaucoup de casquettes : horloger bien évidemment, mais aussi chercheur, concepteur, régleur, finisseur, décoteur, et même, acheteur, logisticien et gestionnaire si on voit plus loin.
Cet exercice m’a permis d’acquérir de nouveaux savoirs. J’ai notamment lu des livres, dont un en anglais (The Ship’s Chronometer), et effectué des recherches poussées tant d’une point de vue artistique et historique, que technique. J’ai aussi été poussé à rencontrer des gens à qui je n’aurais jamais parlé pour leur poser des questions, échanger des points de vue (horloger aux Etats-Unis, fournituriste en Angleterre, amis de musées Français ou Suisses etc.) !
Enfin, cet exercice m’a permis d’acquérir de nouveaux savoir-faire. J’ai exécuté des opérations d’usinage variées, à la main ou à l’aide d’une machine voire d’une CNC, sur du laiton et de l’acier (bleu et jaune que je n’avais jamais travaillé avant). J’ai découvert des astuces de pendulier, revu mes connaissances en chronométrie…
Une chose est sûre, je ne verrai plus jamais un échappement (quel qu’il soit) comme avant tant celui-ci m’a poussé à développer ma logique mécanique ! »

Lien vers le dossier

 

 

 



 

 


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